Si j’étais une femme…

Si j’étais une femme, une vraie. Je ne dis pas une fille qui vient de découvrir ses seins ni une demoiselle qui se fait draguer à chaque carrefour. Je dis et je répète, une femme. Je n’allais pas trop bavarder comme certaines le font dans leur foyer.

Je n’allais pas être une femme perroquet, qui parle matin, midi et soir. Oui, celle qui fatigue ou fait souvent même fuir ses enfants, son époux, ses servantes, sa famille… Non, je serais une femme douce, attentive, posée, ouverte, qui a la maîtrise de soi.

En fait, j’allais être comme tante Rosine (paix à son âme). Oui ma tante, une femme si spéciale. Elle ne parlait jamais lorsque son mari commençait à découcher.

Elle ne parlait jamais quand son mari commençait à rentrer tard. Elle ne parlait jamais, lorsque dehors, on commençait à raconter que son mari entretenait des relations avec plusieurs filles.

Elle ne parlait pas quand celui-ci revenait même avec ses copines, de jeunes filles à la maison. Bien au contraire, elle les accueillait avec self contrôle et sympathie sans se plaindre.

Etre femme, ce n'est pas être une fille  ni une demoiselle
Etre femme, ce n’est pas être une fille ni une demoiselle

Et nous, nous restions là perplexes face à son indifférence notoire. On se demandait si elle n’avait pas un réel problème. On se demandait si elle avait un cœur. On se demandait si elle aimait vraiment son mari. Parce que regarder son mari faire tout ceci sans broncher, il fallait être tante Rosine.

Un soir, elle avait passé la nuit au salon dans le canapé parce que son mari était occupée dans la chambre avec une de ses conquêtes… Ah que de choses à supporter. Mon oncle était certainement sans coeur…

Mais dès le lendemain, ma tante cuisinait les plats préférés de son cher époux. Elle restait à ses côtés. Elle prenait soin de lui. Cela a duré quelques semaines…

Et plus tard, nous remarquions que le super Don Juan, avait arrêté de découcher. Il avait arrêté de courir les jupons dehors. Il rentrait très tôt au grand dam de toute la maisonnée. Mais que s’est-il passé ?

En vérité, tante Rosine n’avait pas eu besoin de bavarder, de crier, de menacer, de plier ses bagages, d’alerter tout le monde. Non, c’est grâce à sa maîtrise de soi.

Une maîtrise de soi tellement forte et capable de susciter la honte, des remords, des regrets chez son mari. Un mari vaincu de plus en plus par une indifférence qui ne dit pas son nom.

Ce n’est pas que tante Rosine n’aimait pas son mari. Ce n’est pas le fait, qu’elle ne souffrait pas. Dieu seule sait combien de fois elle souffrait intérieurement pendant toutes ces semaines. Je la voyais toujours souriante devant tout le monde.

Cependant, lorsqu’elle se retrouvait seule, elle se consolait derrière de chaudes larmes. Personne dans la famille n’était au courant de ce qui se passait. Elle interdisait qu’on raconte cela dehors. Elle protégeait son foyer disait-elle…

C’était dur, dur d’être une femme. Cela ne l’empêchait pas de vaquer aux nombreuses tâches quotidiennes qui l’attendaient, et dans la maison, et dehors.

Faire le marché, cuisiner, accompagner les enfants à l’école, balayer la grande cour de derrière, laver les habits de son mari, les sécher, les repasser, les ranger…

Se plaindre, crier, bavarder, reprocher est-ce la meilleure solution ? Quand on sait que plusieurs femmes, en le faisant n’arrivent toujours pas à bout et prennent la clé des champs. Vous me direz certainement, Benjamin, ça va pas non ? Ou te crois-tu ? Au premier siècle ?

si j'étais une femme
si j’étais une femme

Non, tante Rosine n’était pas du premier siècle. Elle était de notre siècle, de notre temps, de notre époque mais spéciale à sa manière.

Ce genre de femme existe-t-il de nos jours ? Quelle fille – pardon – quelle femme, aujourd’hui ferait ça ? On croit qu’être femme au foyer est une chose aisée et facile. Et que c’est la porte ouverte et totale au bonheur.

Lorsque tante Rosine rendit l’âme un dimanche sur le lit de la maternité, ce jour-là, mon oncle sut qu’il n’aura jamais, oui jamais, une telle femme. Une femme douce, calme, posée, spéciale…

Une femme vraie, prête à supporter toutes les caprices d’un homme. Non, c’était fini… Hommage à toi tante. Puisse Dieu veiller sur ton âme…

On croit souvent, en tant qu’homme, qu’être femme, est une chose facile et aisée. Il suffit alors de se mettre dans la peau d’une femme pour s’en rendre compte.

Courage à toutes ces femmes qui souffrent intérieurement de différentes manières dans leur foyer.

Homme que ferais tu, si tu étais à la place de tante Rosine? Que ferais tu ou quelle femme serais tu, si jamais tu étais une femme ne serait-ce que quelques secondes?

Si j’étais une femme, j’allais être une femme spéciale. Pas une demoiselle, pas une fille, peut-être pas comme tante Agnès mais une vraie… !

En vérité, en vérité, difficile pour moi de me mettre dans la peau d’une femme, je préfère rester dans ma peau d’homme mais pas celui de mon oncle.

PS: J’ai essayé de me mettre dans la peau d’une femme, celle de ma défunte tante, conformément au thème de ce mois du #TBC Challenge « Mon histoire, ou expérience dans la peau d’une femme ».

Rassurez-vous, je ne suis pas seul; faites un tour chez mes autres amis challengers. Ils ont aussi des expériences à partager avec vous.

Elieko
Le Tchoupinov
Leyopar
Samantha

19 commentaires Ajoutez le votre

    1. lol merci bien Leyo !

      Bien à toi.

  1. Mathy dit :

    Mince! Ta tante avait un self control de malade! C’etait vraiment une vraie femme. C’est petit à petit qu’on le devient…

    Les autres du TBC n’ont riennnnn fait gt’assure! Meme la femme Leyo hein…

    1. Lol. Je ne te fais pas dire, même nous qui étions les concernés indirectes, nous n’arrivions pas à avoir ce self contrôle. C’était une FEMME…tante Agnès.

      Merci Mathy d’être passée par ici, bien à toi !

  2. tchOupinOv dit :

    Orrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr Il est juste génial ce texte!!!!

    1. Ah ouais? Merci bien, je ferai un tour tout à l’heure sur le tien…que nous réserve tu encore sacré Tchoupi pour cette épisode? Lol, bien à toi !

  3. je retiens ceci: « être femme, ce n’est pas être une fille ni une demoiselle ».
    Repose en paix Tante Rosine… J’espère qu’elle n’était pas virtuelle comme celle que j’ai à Dakar lol…

    1. Tu avais même une tante à Dakar? Hein ? Lol! Non ma tante est bel et réel; mon oncle également,dommage que la vie lui a été arrachée très tôt. Elle partie depuis 1998…mais elle demeure toujours dans nos pensées.

  4. Momo dit :

    Merci Benji. Article poignant qui dresse certaines situations que supportent nos mamans…

    1. Je te retourne « le merci » d’être passé par ici. En effet,notre statut d’homme ne doit pas nous empêcher de mesurer souvent les souffrances les femmes, nos mamans, nos soeurs…

      Bien à toi !

  5. Kati dit :

    Chapeau Benji!!! Je ne t’ai jamais laissée de commentaires mais j’aimerais dire que j’admire ton style, percutant, direct, convivial et authentique. Merci pour cet hommage à la femme. Reviens vite comme ça tu jugera de quel bord je suis maintenant lo!!!!

    1. Merci bien ma Kati, venant de toi ça me fait plaisir, si si quand je viendrai je te ferai signe et je vérifierai lol 🙂

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