Ahou, la blanche

Elle est Africaine, née dans le fin fond au centre de la Côte d’Ivoire. Ahou, c’est d’ailleurs le prénom que lui a donné sa grand-mère au village. Ahou, le prénom qu’on donne à toute fille qui voit le jour un jeudi chez les “Baoulés” en pays Akan. Ahou, un prénom purement africain que portent joyeusement ces jeunes filles ivoiriennes dans cette partie du pays.

Ahou la benguiste et la blanche

Seulement voilà, il a fallu que notre Ahou monte dans un avion. Il a fallu qu’elle s’éloigne un tout petit peu de ses racines. Il a fallu qu’elle foule le sol européen pour que “Ahou”, la PETITE africaine devienne la GRANDE blanche, la benguiste comme on le dit au pays des éléphants.

Aujourd’hui, Ahou est devenue plus blanche que les blanches elles-mêmes. Elle parle comme elles. Elle s’habille comme elles, se maquille comme elles. Bref, Ahou vit comme les blanches. Elle vole de ses propres ailes… Bonne nouvelle, n’est-ce pas ? Mais…

Mais jusque-là, tout va bien, car comme elle aime le dire souvent : « Je m’intègre, je m’ « européanise » : où est le problème ? » Il y a aucun problème Ahou. Il n’y a aucun problème à s’intégrer, à s’accoutumer, à s’adapter aux réalités d’un continent différent de celui d’où on vient : l’Afrique.

Mais, eh oui, il y a, en fait, un “MAIS”. Le problème, donc, est le suivant. Ma très chère sœur, pourquoi n’affirmes-tu plus ton origine, ta culture, cette belle africanité dont tu devrais être si fière ?

culture africaine
La belle culture africaine. Crédit : mrslorettarsmith0 – Pixabay.com

Ahou la benguiste, reste toujours fière de ton origine : l’Afrique

Aujourd’hui, lorsqu’on t’appelle “Ahou” dans la rue ou en public, pourquoi rejeter ce joli petit prénom qui rappelle toujours ton origine africaine ? Non, excuse-moi, mais je ne t’appellerai pas “Prisca” ou “Ahou, la blanche” comme tu le souhaites tant. Tu sais pourquoi ? Parce que pour moi, tu es et resteras “Ahou”, tout simplement. La “Ahou”, la belle africaine, celle qui sait d’où elle vient, celle qui connait ses racines.

Ahou, je ne veux pas te blâmer, je veux tout simplement que tu comprennes une chose. On peut parcourir des pays et des pays, des capitales et des capitales. On peut voyager à travers le monde entier, avoir des responsabilités, avoir un statut respecté et respectable sans toutefois et demeurer toujours fière de ce qu’on est.

L’eau chaude n’oublie jamais qu’elle était froide

Saisis donc cette belle opportunité que la vie t’offre aujourd’hui pour montrer et rappeler aux yeux du monde que tu es Africaine et fière de l’être. La réussite ne doit en aucun cas être un frein ou un obstacle. Il n’est jamais tard dans la vie pour faire le bien, dit-on.

L’eau chaude n’oublie jamais qu’elle était froide ”. Connais-tu ce proverbe africain ? Je sais que tu reviendras sur de meilleurs sentiments. Je sais, oui, je le sais… Salut Ahou l’africaine et la benguiste !

JIFA 2016_affiche

PS: Ce texte s’inscrit dans le cadre de la journée internationale de la femme africaine célébrée le 31 juillet 2016. J’ai le plaisir de faire partie des blogueurs sélectionnés pour participer à cette belle célébration. Je vous invite justement à découvrir les beaux textes que vous proposent Guillaume et Anthony à leur tour.
Le thème de cette année est le suivant « Des racines et des ailes ». Merci à Grâce Bailhache pour cette belle collaboration. Plus d’infos sur le site de la JIFA.

Benjamin Yobouet

Vous voulez lire d’autres billets ? Retrouvez-les tous ICI. Très bonne lecture à vous

16 commentaires Ajoutez le votre

  1. Paguidame dit :

    Ahou!!! Pure et déplorable réalité. Ahou n’a quand même pas changé de peau n’est-ce pas?

    1. Que non ! Du moins pas encore 🙂 !

  2. Paguidame dit :

    Ahou la décapée, Ahou la claire, Ahou ni noire ni blanche, Ahou!!! Ahou!!! C’est totu simplement déplorable.

    1. Comme tu le vois c’est un appel à une réelle prise conscience. Merci pour ta contribution !

  3. Fabrice NOUANGA Fabrice NOUANGA dit :

    Ahou subit juste l’influence du monde occidental. Son acculturation vient du complexe du colonisé qui fait penser aux Africains qu’ils sont si inférieurs tant qu’ils ne font pas comme les Blancs. Chez nous au Cameroun, c’est la magie onong. Même pour pleurer , on a europeanisé.

    1. Tout à fait, bien dit Fabtice c’est juste un complexe pour lequel il faut briser toutes l s barrières merci pour ta contribution bien à toi 🙂 !

  4. Mathouxable Mathouxable dit :

    Super mon billet. Je retiens que: “L’eau chaude n’oublie jamais qu’elle était froide ”.

    1. Merci bien très cher. A très bientôt pour un nouveau billet !

  5. Grace (JIFA) dit :

    Hello hello Benjamin,

    A présent que je peux enfin souffler, me voici enfin de retour sur ton blog, et sur les blogs en général à commencer par ceux des participants à la JIFA.

    Merciiiiiiiiiii encore d’avoir dit oui à mon invitation, tu as été EXTRA et ce sera avec joie que je retravaillerais avec toi….

    Pas toujours évident de se plier à un thème dans un laps de temps donné et vous avez tous bien joués le jeu. Ahhh Ahou… J’avoue avoir été un peu surprise à la lecture de ton texte, et puis les choses se sont éclairées au fil de la lecture. Comme j’ai eu l’occasion de le dire sur une autre plateforme, j’éprouve une pitié mêlée de tendresse pour les Ahou de ce monde… Contrairement à ce que la majorité des gens croient, les racines ne se transmettent pas par magie ou simplement par le sang, il faut les transmettre.

    Si je sais qui je suis, d’où je viens, où je serais enterrée, c’est parce que mes grands parents maternels m’ont aimé, choyé, parlé de leur enfance avec tendresse, des traditions anciennes avec admiration, qu’à travers des récits mythologiques du royaume Kongo, ils m’ont donné envie d’en savoir plus, et, lorsque mon père a prolongé cela par l’étude de l’arbre généalogique paternel, et par sa conduite toujours positive vis à vis des notre la transmission a été effective et constructive.

    Peut-être que certaines Ahou de ce monde ont simplement manqué de cet amour sur lequel se construisent les racines de l’estime de soi, de la confiance et de l’amour de soi ?

    Allez… Fin de mon roman, et à bientôt j’espère !

    1. Je suis vraiment flatté Grâce, je te retourne les remerciements pour l’occasion qui m’a été donné afin de participer à la Journée Internationale de la femme africaine JIFA 2016, ça été un réel plaisir pour moi. J’aime ton p’ti roman Lol 🙂

  6. Sarah Djité dit :

    Waooouuh belle histoire je les lu trois fois loin d’être un ensemble de mots c’est une réalité pure plus nous serons fière de notre continent « l’Afrique » moins nous serons sous-estimer……Beaucoup de Courage,encore plus d’inspiration je te le souhaite.Jaime lire ce que tu écrire.

    1. Ah carrément : trois fois ! Je suis vraiment flatté.  » C’est une réalité pure plus nous serons fière de notre continent « l’Afrique » moins nous serons sous-estimer… » merci pour ton commentaire ! Merci aussi pour l’inspiration j’en ai besoin 🙂

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