La fille du TGV

Elle avait les lèvres roses bonbons. À chacun de ses sourires, son petit visage de chat doré s’illuminait. Elle portait un collant noir transparent qui laissait entrevoir ses cuisses d’antilopes. Ses fesses bien arrondies et rebondies posées confortablement dans le siège de la SNCF étaient enveloppées dans une petite jupe rouge qui lui prenait bien la taille.

Elle était certes assise mais on pouvait facilement lui donner 1 mètre 80. Malgré le froid qui faisait dehors, elle portait des petits mocassins. En dessous, on pouvait apercevoir ses jolis chaussons en filets noirs. Son chemisier était blanc comme les flocons de neige qui tombaient de l’autre côté des fenêtres du Train à Grande Vitesse (TGV). L’air était très frais et doux, pareil à l’odeur qu’elle dégageait. J’étais prêt à mettre ma main au feu qu’elle portait le parfum « La vie est belle » ! D’un regard indiscret, j’inclinais ma tête et je découvris avec soulagement que c’était vraiment le fameux parfum. Bingo !

Comme dans une salle de ciné… dans le TGV

Le TGV roulait à vive allure, direction Paris Montparnasse. On venait d’atteindre les 300 Km/h. Elle restait sereine et imperturbable devant son iPad or avec ses écouteurs sans fil beat blanc-or. Elle matait un film très intéressant. Il n’y avait pas de doute là dessus car cela se ressentait à travers les multiples expressions qui se dessinaient sur son visage. Tantôt, elle affichait un sourire, tantôt, elle fronçait les sourcils et parfois elle ouvrait légèrement sa bouche fine en signe d’étonnement. On aurait dit qu’elle se croyait dans une salle de ciné. Oui, parce qu’elle se donnait à cœur joie de déguster son pop-corn posé juste à droite devant elle. D’une main gracieuse, elle exécutait le mouvement de va et vient du paquet de pop-corn à sa bouche sans gâcher son « rose à lèvres » qu’elle avait appliqué.

Elle attisait toutes les convoitises…

Ses magnifiques cheveux blonds qui tombaient sur son dos s’affrontaient parfois avec sa belle écharpe. Alors comme une enfant, elle ne se gênait pas à jouer avec ses cheveux qui dégageaient une odeur agréable et qui envahissait la voiture 16 du TGV.  Deux heures durant, elle attisait toutes les convoitises y compris pour les benguistes. Les regards se posaient sur elle sans qu’elle ne fasse d’effort ou sans qu’elle ne s’aperçoive telle une innocente – coupable. Il ne fallait surtout pas la déranger devant son écran 11 pouces. Elle restait captivée !

Elle, c’était tout simplement la fille du TGV

J’étais son voisin de siège dans le TGV qui avalait de plus en plus les kilomètres. Alors que je m’apprêtais à briser le silence, la voix rocailleuse du chef de bord du TGV retentit : « Mesdames et messieurs dans quelques instants, nous desservirons la gare de Bordeaux. Prochain arrêt Bordeaux ! N’oubliez pas de vérifier… ». Elle rangea avec une célérité impressionnante toutes ses affaires dans son grand sac à main rouge très chic et se leva. Pris de court, je la regardais impuissant s’éloigner et se diriger vers la sortie. Je lui lançais un peu à tue-tête : « Bonne journée à vous ». Elle se retourna et me fixa avec ses yeux bleus toute souriante et lâcha : « Merci, à vous également. C’est gentil ! ». Et elle disparut à jamais…
Elle, c’était tout simplement la fille du TGV.

3 commentaires Ajoutez le votre

  1. Deeja dit :

    Tu as une très belle plume, j’aime trop te lire merci de partager ces belles histoires avec nous!

    1. Oh là, je suis vraiment flatté. Surtout venant de toi. Merci, des bises 🙂 Et au plaisir !

  2. Nadège dit :

    Merci de m’avoir permis de faire le voyage dans le TGV avec toi.
    J’aurais aimé lui parler également, à cette fille. Lol

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