Grâce ou l’illusion de l’amour à distance

Mon ami avait une fiancée au pays. Il avait… ! Oui, mais ça s’était avant ! Maintenant, c’est fini entre lui et son amour au pays. Pourtant, il y a quelques mois, mon ami benguiste me parlait d’elle presque chaque jour.

Il me disait que Grâce, sa fiancée, était un cadeau du ciel. Belle, elle l’était ; intelligente et adorable aussi. Mon Cher Ami me confiait comment elle était différente de certaines filles au pays. Ce n’était pas ces filles arrivistes et matérialistes. Non ! Sa Grâce était une vraie femme en devenir, une fille fidèle, sincère et compréhensive.

Grâce, l’amour de sa vie…

Mon ami pouvait me parler de Grâce pendant des heures et des heures sans se lasser. Grâce était ceci, Grâce était cela… Ah Grâce ! Et moi, je le regardais, certes avec beaucoup d’émotions, mais aussi avec beaucoup de plaisir. J’admirais surtout ses yeux qui brillaient de mille feux : feu d’amour, feu de tendresse, feu d’intense affection…

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L’amour vrai, source de fidelité et de sincerité / CC : Riedelmeir – Pixabay  

À vrai dire, j’étais heureux que mon ami soit si comblé. Heureux, en réalité, de voir son visage rayonner comme un ange après chaque échange avec sa bien-aimée via les réseaux sociaux. Je le voyais naviguer entre une pléthore d’applications mobiles.

Des échanges interminables via les réseaux sociaux

Souvent, c’était WhassApp ou Viber, parfois Skype ou Imo. Lorsque la connexion perdait sa stabilité, mon ami et sa fiancée se retrouvaient sur Messenger. Leur causerie pouvait commencer sur Facebook, déboucher sur Instagram message et se terminer sur Hangout, tous les moyens étaient bons pour mieux communiquer.

Il arrivait des fois où Grâce ne se connectait pas à Internet, dû à la cherté de la connexion au pays. Mon ami n’hésitait pas alors à empiéter sur son forfait pourtant limité, à appeler sa chérie directement sur son mobile pendant de longues minutes. Et bonjour les factures très salées. Peu importe les dépenses…L’essentiel, pour mon ami, c’était de maintenir coûte que coûte la communication avec son amour.

L’amour à distance, un obstacle ?

Grâce et mon ami s’étaient rencontrés deux semaines avant le départ de ce dernier pour la France. Depuis lors, leur relation s’est intensifiée au fil des semaines. Il ne fallait surtout pas parler de problèmes de relations à distance à mon cher ami, au risque d’essuyer quelques représailles de sa part.

La distance ? Non, ce n’était pas un frein. Pourquoi 6 000 Km entre deux personnes devraient les empêcher de s’aimer ? « L’amour ne reconnaît aucune barrière. Il saute les obstacles, les clôtures, pénètre les murs pour arriver à une destination pleine d’espoir« , n’est-ce pas ce que disait Maya Angelou.

Travailler dur pour son amour au pays…

Mon ami, bien qu’étudiant, bossait dur, et même très dur. Il jonglait entre études et job. Il se réveillait très tôt les matins direction l’école, finissait vers 18h et enchaînait avec son travail dans un Fast-food pour ne rentrer que vers minuit. Je le voyais souvent rentré chaque nuit d’hiver épuisé.

Mon ami n’avait pas de week-end, car les week-ends étaient un moyen, pour lui, de faire des heures supplémentaires. Il multipliait des heures et des heures de travail afin d’avoir assez de revenus. En réalité, il fallait payer son loyer et ses nombreuses factures.

Il fallait s’occuper aussi de sa très chère Grâce. Il fallait lui envoyer des euros, beaucoup d’euros chaque fin de mois. Il fallait également assurer la scolarité de Grâce. Il fallait s’offrir un billet d’avion aller-retour pour retrouver sa dulcinée en vacances.

Il fallait surtout économiser pour faire venir un de ces jours Grâce. Oui, son désir le plus ardent était de voir Grâce à ses côtés. Tout ça pour un étudiant ?! Et nous ses amis, nous restions là sidérés et impuissants parce que nos avis et conseils n’étaient toujours pas les bienvenus.

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L’amour peut prendre une autre tournure : déception / CC : Baereinfen – Pixabay

Grâce ne lui a pas fait grâce…

Mais comme on le dit si bien à Abidjan, ce sont les conséquences qui conseillent le mieux. Mon ami, rentré en vacances au pays, a retrouvé Grâce, oui, mais une autre Grâce. Une autre Grâce dans les bras d’un autre, mains dessus dessous, entrelacés comme jamais à la sortie d’un hôtel.

Mon ami était resté méconnaissable et inconsolable pendant plusieurs semaines et plusieurs mois… Un vrai choc, car tous les efforts et projets sont tombés à l’eau ! Depuis lors, il ne m’a plus jamais parlé de Grâce, moi non plus d’ailleurs… Parce que, pour dire vrai, Grâce ne lui a pas fait grâce.

3 commentaires Ajoutez le votre

  1. Mawulolo mawulolo dit :

    Premier gaou n’est pas gaou ooo…
    c’est deuxième gaou qui est gnata

    1. hahaha, c’est ça même !

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