Benjamin Yobouet

Janvier et ses vœux kilométriques

Qu’il me soit permis de vous souhaiter, dans ce premier billet de l’année 2016, les traditionnelles meilleurs vœux.
C’est déjà le nouvel an ! Une année vient de s’achever.

C’est un moment intense et privilégié où chacun adresse ses vœux les meilleurs. Qui dit nouvelle année, dit nouvelles orientations, nouvelles visions, nouvelles dispositions. C’est la coutume. Quoi de plus normal !

Mais le problème ici, c’est qu’il faut faire preuve de réalisme. Oui, pour cette nouvelle année, ajoutons davantage dans nos vœux et nos résolutions. Ceci, pour rompre avec tous ces chapelets et vœux kilométriques et illusoires, comme s’il s’agissait uniquement de les réciter chaque année du bout des lèvres.

 Voilà à quoi ressemblent nos voeux et résolutions dans le mois de janvier

Voilà à quoi ressemblent nos voeux et résolutions du mois de janvier. Crédit Libre Photo Pixabay.com

J’ai reçu, hier, un message du pays. Un message dans lequel mon frère m’adressait des vœux kilométriques. Regardez un peu !
« Je te souhaite bonté, longévité, prospérité, succès, bonheur, travail, joie, beaucoup d’argent, pas de problème, moins de dépenses, paix du cœur, etc. »

Bon, je vous épargne le reste de ses vœux. On aurait dit une ordonnance d’un cas grave aux urgences d’un centre hospitalier. Je lui ai dit : « Mon frère, c’est quoi tous ces vœux ? L’année dernière, tu m’as dit la même chose » Non, je veux juste l’essentiel.

Comme mon frère, dans l’extase du nouvel an, beaucoup oublient l’essentiel dans la formulation des vœux. Surtout chez nous, en Afrique. En Europe, par exemple, et particulièrement en France, qui aurait le temps de réciter tous ces vœux kilométriques ? Hein?! Dites-moi ? Personne !

 Beaucoup adorent les voeux kilométriques pendant le mois de janvier

Beaucoup adorent les voeux kilométriques pendant le mois de janvier. Crédit Libre Photo Pixabay.com

 

Ici, c’est du tic-tac du genre « Bonne année ! » point, c’est fini ! Car le temps, c’est de l’argent. L’argent pour assurer les dépenses quotidiennes et payer les nombreuses  factures qui vous attendent.

Au fil des années, les vœux et résolutions prises sont loin d’être réalisés. De toutes façons, l’on confond « vœux » et « résolutions ». Les voeux, ce sont les souhaits ; les résolutions, des engagements !

Certes, il faut « oser avoir plus » dans la vie. Certes, il faut « voir grand » en toutes choses. Certes, il faut rêver pour donner vie à nos envies. Mais, une chose est sûre : tout rêve n’est pas utile et, j’ajouterai même, n’est pas approprié.

Qu’on n’entende pas un chômeur dire : « Cette année 2016, j’achèterai un duplex du côté de la Riviera Palmeraie (quartier huppé à Abidjan). Alors qu’il n’a même pas un semblant de stage ou d’entretien d’embauche.

Qu’on ne surprenne pas une jeune fille de 15 ans à tenter de séduire un homme de 45 ans, en espérant se marier le plutôt possible.

Qu’on ne voie, qu’on n’entende pas, qu’on ne surprenne personne à s’emporter dans des résolutions illusoires, provisoires et ostentatoires.

Non ! Nous voulons des résolutions réalistes et réalisables pour ce nouvel an. Est-ce que nous sommes obligés de dresser une longue liste ou d’égrener un chapelet de vœux et de résolutions en vain ? Pas la peine : deux, trois ou quatre suffiraient largement.

 Janvier est mois propice pour adresser nos voeux les meilleurs

Janvier est un mois propice pour adresser nos voeux les meilleurs. Crédit Libre Photo Pixabay.com

 

Une question : Où sont donc passés vos vœux et vos résolutions prises en 2015, 2014, 2013, 2012? Au fond, c’est le bilan positif qu’on veut obtenir à la fin qui compte.

Et ce ne sont pas uniquement les citoyens lambdas qui s’y mettent. Même nos cadres et dirigeants politiques adorent les voeux kilométriques. Sinon comment comprendre que, chaque année, l’on organise au palais présidentiel une cérémonie de présentation de voeux au président de la République?

Bon, vous allez sûrement me dire, c’est la tradition diplomatique, ce sont les institutions et patati et patata. Il faut respecter la procédure. Oui, mais faut-il bloquer les chaînes de radio et de télé du pays pendant trois jours pour nous montrer le premier ministre en train de présenter ses voeux au président?

On voit défiler les ministres, les officiers généraux, on les voit saluer le président à l’occasion du nouvel an. Ne sont-ils pas toujours ensemble? Ne dînent-ils pas ensemble? A-t-on vraiment besoin d’organiser ces cérémonies? Franchement, je n’ai jamais compris cette démarche.

Une fois, j’ai entendu un chef traditionnel présenter ses voeux au président ivoirien de cette manière: « Excellence monsieur le président, nous vous souhaitons longue vie et du succès dans vos fonctions à la tête de ce pays. Nous souhaitons que vous restiez le plus longtemps possible, afin de permettre à notre pays d’atteindre l’émergence 2020. »

De tels voeux -pardon, de telles louanges (parce que ce ne sont plus des voeux), nos chefs d’Etat africains les adorent. On comprend pourquoi les cérémonies de présentation des voeux occupent une place importante dans le calendrier des présidences.

Moi, je ne prendrai pas de résolutions. Je n’adresserai pas non plus de vœux kilométriques. Cette année, je laisse 2016 faire de moi ce qu’elle veut. Je ne veux pas grand-chose. Je veux l’essentiel pour mener ma petite vie.

L’essentiel pour cette année, c’est tout le mal que je vous souhaite. D’ici là, portez-vous bien : heureuse année à tous !


Viens voir comment on fête noël chez nous

Hier, j’écoutais avec curiosité deux amis français, dérouler leur programme pour les congés de noël. Le premier était excité à l’idée de rentrer chez lui pour faire du ski. Chez lui, c’est dans le nord de la France où il fait super froid et où il la neige tombe abondamment.

Noel est la prériode proprice pour faire du ski en France
Noel est la période propice pour faire du ski en France. Crédit photo: Pixabay

Le second avait hâte de partager un grand et succulent repas avec sa famille. Un repas dans lequel, on retrouvera assurément au menu le traditionnel foie gras et pourquoi pas du canard, de la dinde etc. Quel délice ! Pour des programmes, il y en avait de toutes sortes et pour tous les goûts.

Et moi, assis près d’eux, je les écoutais toujours religieusement, sans broncher. J’observais surtout leur élan d’extase. A vrai dire, me suis-je dis, ils n’avaient pas tort. Du tout ! En effet, que serait noël, pour eux, sans l’hiver, sans la neige, sans le foie gras, sans ces multiples artifices… ?

Le foie gras, un plat qui ne manque pas à noel en France
Le foie gras, un plat qui ne manque pas à noël en France. Crédit photo: Pixabay

Et sans que je ne m’aperçoive de sitôt, ils fixèrent leurs yeux sur moi. Très vite, je compris le sens ces regards. Très vite, je compris que c’était mon tour. Il fallait leur dérouler mon programme.

– Alors Benjamin, c’est quoi ton programme pour noël, me lança le premier tout joyeux ?

– Bah, rien de spécial. J’irai sur Paris retrouver ma sœur; puis à Montpellier fêter avec des amis. Ça fait quand même quelques mois qu’on ne s’est pas vus, depuis l’été dernier.

– Ah ouais !? Tu ne rentres pas chez toi en Afrique pour fêter, répliqua le second ?

– Ô, j’aimerais bien, tu sais, surtout l’ambiance qu’il y a chez moi. Ce n’est pas l’envie qui me manque. Mais il y a la distance, le prix du billet. Ajouté à cela je trouve la durée des congés un peu courte. Bien sûr, un voyage au pays comme le nôtre, ça se prépare !

– C’est vraiment dommage ! Ça se voit que tu as la nostalgie de ton pays surtout pendant cette période, intervint le premier.

– Eh oui tu l’as dit, chez moi en Afrique particulièrement en Côte d’ivoire, c’est plus que la fête : c’est le show !

– Chez nous, contrairement ici, il n’y a pas de neige, pas de ski, pas de foie gras. Et pourtant, la fête bat son plein. Je dirai même que c’est justement sans tout cela, que noël est spécial chez nous.

– Tout commencera au soir du réveillon, le 24, tout le monde pratiquement remplira les lieux de cultes. On appelle ça ironiquement « les chrétiens de fête ». Puis après l’église, on retrouvera ces mêmes personnes dans des maquis et bars: c’est noël ! N’est-ce pas la naissance du petit Jésus? Il faut bien arroser ça.

– Le lendemain matin, vous verrez des kermesses un peu partout avec des pères noël de circonstances . Vous verrez des enfants crier de joie en s’adonnant aux jeux de foot, de maracanas et bien d’autres. Cela se passe dans certaines communes populaires comme adjamé, abobo, yopougon, ma très chère commune.

Un match de "maracana" un moment de joie pour les enfants surtout à noel.
Un match de « maracana » un moment de joie pour les enfants surtout à noel. Crédit photo: 20 minutes.fr

-Vous verrez également l’organisation de plusieurs cérémonies de remises de cadeaux. L’objectif : transmettre aussi la joie de noël à ces enfants ou ces familles qui n’ont malheureusement pas les moyens suffisants.

– Vous verrez également des enfants sapés comme jamais comme le chante si bien Maître Gims avec leurs jouets en caoutchouc se promener dans les rues.

– Et le soir, le show dans les bars et maquis reprendra de plus belle. On dansera. On draguera même, on rigolera énormément.

– On boira, on mangera à satiété surtout du poulet. Car le poulet, il y en a certains qui le mangent une fois par an quand justement il y a la fête.

– Bref, il y a tellement de choses qui se font à noël chez nous et qui naturellement diffèrent d’ici, en France. Noël en Afrique, ça ne s’explique pas, ça se vit !

– Ça l’air vachement cool surtout cette chaleur qui se dégage dans ton récit là. Moi, j’aimerais voir à quoi ressemble noël en Afrique, confia mon voisin, le premier.

– Alors, je lui répondis ceci: « Eh bien, très cher ami, viens voir comment on fête noël chez nous. Tu verras de toi-même » !

– Chez nous, c’est la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Sénégal, le Gabon, le Congo, le Mali, le Kenyan, le Maroc… Chez nous: c’est l’Afrique !

PS: Vous pourrez retrouver également les articles des autres challengers du #TBC sur le thème de ce mois: « Noel en Afrique ».


Commerçantes de Gorée, je vous salue !

Je n’arrive toujours pas à comprendre une chose depuis mon retour du Sénégal. Comment les vendeuses de Gorée font elles pour séduire et traumatiser aussi rapidement leurs clients ?! En quelques minutes, mes amis Mondoblogeurs de la formation de Dakar 2015 et moi étions dans leurs filets.

Les commerçantes de Gorée, sans même une formation en marketing, excellent dans leur métier

Non sérieusement, elles sont formidablement fortes. Je crois que Stromae devrait leur dédier son tube « for-mi-daaable ». Voici des filles qui n’ont jamais fait d’études de marketing mais qui le font aussi bien que n’importe quels grands services de communication. Que ces grandes directions de communication viennent prendre quelques cours ici.

Commerçantes de Gorée, je vous salue. Je vous salue pour la dextérité avec laquelle vous abordez les clients. Je vous salue pour la ténacité dont vous faites preuve devant les clients parfois incrédules. Je vous salue également pour la passion que vous avez pour votre métier et qui se lit tout de suite dans vos yeux.

La chaloupe de l'île de gorée
Notre arrivée sur l’île de Gorée aux environs de 15 heures samedi 5 décembre 2015

La chaloupe venait de s’échouer sur l’île de Gorée. Quelques minutes plus tard, la visite des lieux commençait. J’écoutais religieusement l’exposé de notre guide. Je contemplais surtout ces bâtiments historiques dont j’avais maintes fois entendu parler.

Je faisais tout, sauf sentir cette main posée sur mon épaule. Lorsque je réalisai cette présence humaine, j’étais déjà face à une des commerçantes de Gorée : Fatou.

Fatou, la vingtaine, vendeuse de colliers d’art plus que séduisante, se tenait là devant moi. Elle m’offrit un si large sourire comme si on se connaissait depuis des lustres. On aurait dit qu’elle venait de rencontrer son ange gardien.

Et moi, naïf, je lui redonnais le même sourire sans comprendre l’enjeu de ce jeu. J’étais la proie de Fatou !

-Bonjour mignon garçon, voici des colliers jolis comme toi. Tiens ça, je te fais un bon prix, me lançait-elle avec une voix suave et langoureuse.
-Non merci
Comment non merci ? Allez, fais ton choix. Tu es trop joli pour dire merci. Regardes ces colliers, il y en a pour toi là-dedans. Tiens prend ça.
-Non, non merci, j’e n’en ai pas besoin…

Les commerçantes de gorée aux trousses des clients
Les commerçantes de gorée aux trousses des clients

Mais sans connaître notre commerçante, qui était plus en plus motivée. Le résultat ne se fit pas attendre. Quelques minutes après, j’avais acheté un collier sans m’en rendre compte.

Ah, Fatou et ses amies vendeuses ! Elles sont si collantes qu’on ne pouvait y échapper difficilement. Tiens quand on parle de « coller », on pense à l’artiste chanteur Franko au Cameroun. Eh bien, l’une des vendeuses a réussi à « coller » à son tour pardon à convaincre un bloggeur camerounais : Didier Ndengue

Le gars n’a pas pu résister à cette gazelle (une bière très prisée à Dakar), pardon à cette vendeuse séduisante qui lui rappelait son ndolê à Douala. Je le voyais se débattre tel un enfant qui apprenait à nager dans un grand bassin. De conversations en conversations ; d’arguments contre arguments. Mais rien n’y fit. La vendeuse avait accroché au cou de notre ami quelques multiples colliers qu’elle vendait.

Quand le blogeur Didier Ndengue se fait couronner par une commerçante de Gorée

Pauvre, Didier Ndengue ! Il ressemblait à un chef de village qu’on venait de couronner suite à une cérémonie d’intronisation. Sérieusement, à un moment donné, j’avais même cru que le gars vendait lui aussi des colliers, tellement il en avait à son cou. Elles sont terribles ces filles-là, aucune pitié, aucun respect pour un mondoblogueur ! On doit les condamner.

Quand tu dis que tu n’en veux pas, c’est même à ce moment qu’elles s’arrangent, je ne sais comment à accrocher leurs articles à une partie de ton corps. Il y a même celles qui te laissent carrément leurs colliers dans tes mains pendant de longues minutes comme Fatou me l’a fait. Sous prétexte que c’est gratuit. Mais entre nous, n’est-ce pas là un cadeau empoisonné ?

Pour affronter ces commerçantes, il y deux cas : soit on boude, soit on sympathise

Après, je me suis demandé intérieurement comment faire pour affronter ces commerçantes un peu trop zélées à Gorée. En fait, il y a deux cas. Soit tu ne leur adresses aucune parole, aucun signe. Soit tu sympathises parfaitement avec elles.

Ecclésiaste, mondobloggeur a préféré sympathiser avec les commerçantes de gorée
Ecclésiaste, mondobloggeur a finalement préféré sympathiser avec les commerçantes de gorée

En tout cas, c’est ce qu’a fait Ecclésiaste.  Il a été tellement traumatisé par ces dernières, qu’il a finit par prendre une photo avec elles. Encore un Camerounais. Ah les Camerounais, ils adorent les « collages » venant surtout de ces filles remarquables.
Commerçantes de Gorée, je vous salue !


Et pourtant…c’est une vieille fille

Top départ de la saison 3 du #TBC dont je fais désormais partie. « La pression sociale : une bonne femme est une femme mariée ». Voici le thème (choisi par les lecteurs) sur lequel, il faut écrire pour ce 20 novembre. Mon regard sur ce thème à travers le personnage d’Hélène…

Hélène se regarde encore dans le miroir et décide de mettre un peu de rouge à lèvres ! Elle démarre enfin sa Range Rover qu’elle a acheté, il y a deux mois de cela. Une vraie merveille !

 La range rover, une voiture très prisée aujourd'hui.
La range rover, une voiture très prisée aujourd’hui. Crédit : Pixabay

Les rumeurs courent dans la ville qu’elle a eu cette voiture grâce à un riche commerçant qui la courtise… Mais bon, comme elle aime le dire : « De toutes les façons, il y aura toujours des personnes pour écrire un scénario et le réaliser dans un monde imaginaire. »

Hélène, une femme moderne…

Titulaire d’un master 2 en business international, major de sa promotion dans une école américaine, Hélène est aujourd’hui conseillère en marketing dans une agence pétrolière africaine de la place.

« J’aime me faire plaisir », telle est sa phrase favorite. Pour ce faire, elle n’a pas lésiné sur les moyens avant d’acheter cette range rover. Ce soir, pour le diner, ça sera des nems ! Alors direction chez « Ti Thai ».

Avec l’embouteillage monstre qu’elle réussit à braver avant de se garer devant le restaurant, Hélène prend finalement la décision d’emporter son diner.

Le restaurant est presque vide. Elle décide donc de s’assoir. Elle s’empare du magazine féminin, posé juste sur sa table et commence à le lire, le temps que sa commande arrive.

30 minutes plus tard, voici le serveur là, devant elle, les mains chargées de son plat qui sent tout bon. « Ah, les nems de chez Ti Thai, un vrai délice ! »

Alors, lorsqu’elle décide de se lever pour gagner la sortie, à peine, quelques pas, Hélène entend deux filles assises derrière elle, lancer : «  Et pourtant, c’est une vieille fille ! ». Les larmes aux yeux… elle se précipite, démarre sa voiture et rentre chez elle.

Ce que signifie le terme « vielle fille » en Afrique…

Et pourtant c’est une vieille fille… ! Avez-vous une fois entendu l’expression « vieille fille » ?

En Afrique, vieille fille veut dire une fille âgée et célibataire qui n’arrive pas à trouver un homme dans sa vie… Comme beaucoup de filles, Hélène en fait partie.

Hélène, 35 ans, célibataire, fait partie de ses femmes qui sont marginalisées par la société africaine parce que tout simplement, elles ne sont pas mariées.

 Une femme mariée a une bonne image dans la société africaine

Une femme mariée a une bonne image dans la société africaine. Crédit : Pixabay

En Afrique, une femme mariée est une femme à qui l’on doit un grand respect.

En Afrique, une femme mariée, c’est une bonne femme, un modèle pour tous.

En Afrique, une femme mariée, c’est la femme parfaite, celle qui sait faire de ses dix doigts quelque chose de bon.

En Afrique, une femme mariée, c’est la mère, l’épouse idéale, une vraie femme qui prend soin de son homme, de ses enfants, bref de sa famille.

A l’opposé, la femme célibataire serait synonyme de fille facile, de maitresse, de celle qui aurait raté sa vocation, sa vie. Et pourquoi pas celle qui serait maudite !

Le mariage : source d’épanouissement ?

Mais le mariage tel que conçu ci-dessus est-il toujours source de stabilité sociale, de bonheur ? Combien de femmes dites mariées sont-elles malheureuses aujourd’hui dans leur foyer ?

Les femmes mariées sont-elles toujours bonnes ? Sont-elles toujours fidèles à leurs époux ? Certaines ne maltraitent-elles pas les enfants de leurs rivales ou d’autrui ? D’autres n’ont-elles pas souvent recours aux pouvoirs mystiques pour arriver à se marier ? 

Faut-il se marier pour se marier et faire croire aux autres ce qu’on n’est pas en réalité ? Faut-il se marier pour plaire à sa famille, ses amis, aux autres ?

Ah si tout le monde se posait ces questions ! Des filles comme Hélène n’auraient pas les larmes aux yeux, quand on les appelle « vieille fille« .

Un couple : c’est deux personnes, pas une société…

Et pourtant, il y a parmi ces « vielles filles » des femmes vertueuses et qui ont la main sur le cœur comme Hélène. Hélène s’occupe et se consacre aux enfants et à ces jeunes qui parfois errent dans nos rues ou se réfugient dans les orphelinats, dans les hôpitaux.

Pour Hélène, on n’a pas besoin d’être mariée pour être une bonne femme. Le mariage est tellement sacré qu’il faut réfléchir et connaître la personne que l’on doit épouser. Un couple c’est deux personnes, pas une société.

Sur ces pensées, Hélène savoura ses nems et se dit qu’elle trouvera son homme, pas l’homme idéal comme le croit certaines célibataires ! Mais un homme qui saura la respecter et l’aimer telle qu’elle est. Et peu importe, si pour l’heure, on lui colle l’étiquette de « vielle-fille… » !

PS: Vous pourrez retrouver également les articles des autres challengers du #tbc sur ce thème.


Benguiste, quand l’embarras commence après les études

Que faire après les études à l’étranger, rentrer ou rester, telle est la question que se posent constamment les benguistes et étudiants africains. Fadal* et Lisette*, deux étudiants à l’université de Toulon, nous expliquent leurs différents choix.

Deux ans. C’est le temps qu’a duré les études de Lisette sur le territoire français. Lisette, titulaire d’un master II en droit, originaire du Sénégal, est rentrée définitivement dans son pays. Si cette diplômée benguiste, à l’instar de certains étudiants africains, a opté pour ce choix, ce n’est pas le cas pour beaucoup en l’occurrence Fadal.

Rester en France, pour un benguiste, est source de garantie

Après plus de cinq ans, celui-ci réside toujours en France. En quittant sa Guinée natale, Fadal le benguiste n’avait pas envisagé demeurer sur le territoire français. Mais, c’est plutôt la peur de ne pas réussir sa vie chez lui ; notamment, dans un pays en proie au chômage, au népotisme, à la corruption.

« Les gens qui rentrent, je les trouve un peu fous et super courageux de vouloir rentrer dans un pays sans avenir. J’ai du respect pour eux », affirme Fadal. « Si je dois rentrer ça sera juste pour les vacances. J’aimerais bien rester ici dans ce pays définitivement et y passé ma vie, si la France veut bien de moi (rires) », ajoute-t-il.

 Faire les études à l'étranger, le vœu de plusieurs étudiants benguistes
Faire les études à l’étranger, le vœu de plusieurs étudiants africains – futur benguistes. Source: Pixabay

Depuis qu’il a foulé le sol français, Fadal ne s’est retourné qu’une fois dans son pays d’origine. Mais cela a suffi de le convaincre à prolonger son séjour car les conditions sociales étaient toujours les mêmes. « Je pense que beaucoup rentrent pour des raisons diverses, certains parce que les parents les obligent, d’autres pour reprendre les entreprises familiales, d’autres encore parce qu’ils sont convaincus qu’ils seront bien que chez eux ; enfin d’autres parce qu’ils veulent apporter leur grain de sel à leur continent ou pays », avance –t-il.

Pour Lisette la benguiste, rentrer au pays c’est préserver sa vie familiale

Lisette notre benguiste, indéniablement, en fait partie. « J’ai décidé de rentrer définitivement dans mon pays, parce que malgré les bons moments passés en France, je ne me voyais pas faire ma vie là-bas. Bien vrai qu’ayant plus de chances d’y réussir professionnellement, pour moi ce n’est pas le plus important », nous confie-t-elle.

« Je suis très attachée à mon pays et à ma culture, et j’aurai aimé transmettre à mes enfants l’éducation que j’ai reçue. En France, cela est presque impossible. Personnellement, je suis rentrée pour fonder ma famille. Ça été dur pour moi de vivre loin de mon fiancé pendant deux (2) ans », affirme Lisette.

Quand l’embarras commence pour un benguiste après les études à l'étranger
Quand l’embarras commence pour un benguiste après les études à l’étranger – Source : Pixabay

En effet, fonder une famille au pays d’accord, mais réussir sa vie socio professionnelle en France d’abord. Voici, par contre, l’objectif que s’est fixé Fadal. Au début, c’était la désillusion ; désillusion dû au renouvellement de titres de séjour chaque année et à la cherté de la vie française. Ne bénéficiant pas de bourse d’étude, comme beaucoup, Fadal a fini par combiner études et emplois étudiants (livreur, plongeur etc.) même s’il reconnaît que ça été dur pour obtenir cet emploi.

Le master 12, vous connaissez ?

M’adressant à Fadal, je lui posai la question suivante:

–           Mais  que comptes-tu faire après tes études, concrètement ?

–           Grande question, il y a plusieurs possibilités : continuer en thèse de doctorat, chercher du travail ou rentrer au pays. Dans tous les cas, ces options présentes toutes des contraintes et un sacrifice ! Pour l’heure, je ne sais pas trop. Peut-être, je ferai un « master 12 ».

–           Un « master 12 », qu’est-ce que c’est encore, lui demandai-je?

–           (Rires), en fait, cela consiste à faire plusieurs et différents masters dans le but d’éviter une thèse pour le doctorat. Mais cela permet également d’avoir les justificatifs pour renouveler le titre de séjour ou rester toujours sur le sol français.

–           Haha, c’est trop rigolo ça ; surtout le nom « Master 12 ».

–           Eh oui très drôle parce qu’il y a des étudiants qui ont à la fois un master en génie civil, en langue et communication, art et dramatique, en environnement territorial, en musée et civilisation etc. bref dans tous les masters ( cela peut atteindre voire dépasser 12 masters) qui se présentent à eux pourvu qu’ils restent sur le territoire.  Voilà, pourquoi, on parle de « master 12 » (rires). Malheureusement, ce sort est réservé à plusieurs étudiants africains benguistes ici, me confia-t-il, cette fois avec un ton sérieux.

On le voit, rester en Europe ou rentrer au pays après les études, tout est une question de principes et aucun de ces principes n’est à négliger. C’est un choix à faire et l’objectif sera de ne pas avoir à le regretter. Bien évidemment des deux côtés, il y aura toujours des fiertés et des regrets.

NB : Les prénoms utilisés* dans cet article, ont été modifiés dans le but de respecter l’anonymat des différents interlocuteurs !

PS : Vous pouvez retrouver encore plus d’articles sur mon blog ; merci et à très vite !