Benjamin Yobouet

Zoom sur les filles-mères : le cas d’Eva

Eva a 22 ans. Elle est fille-mère depuis quatre ans. Elle quitte ses parents à seize ans car ceux-ci ne peuvent plus assumer sa scolarité. Elle se retrouve dans ce que certains appellent la « galère » abidjanaise.

Après deux petits stages sans lendemain, Eva décide de dire « oui » à Michel. La voilà déménageant chez lui, employé dans une entreprise en tant que journalier. Mais Michel ne fait pas connaître ce statut à Eva. Au contraire, il lui promet monts et merveilles. Il lui dit même qu’il attend une promotion qui lui permettra de mener une vie de rêve avec sa dulcinée. Eva croit et se « donne » comme on dit.

Deux ans après, de leur union, un enfant naît. Michel ne veut pas faire face à la venue de cet enfant et disparaît sur plusieurs semaines. Eva ne reverra plus jamais « son » Michel. Il a pris la clé des champs et laisse Eva et son enfant dans ce qui fut la demeure commune.

fille-mère
Une fille-mère allaitant son bébé à la maternité. Crédit: koulouba.com

Ici commence alors une aventure incommensurable pour Eva. Sans emploi, voici qu’elle est livrée à la mendicité. Les jours passent et se ressemblent pour Eva. Eva la fille abandonnée… L’enfant grandit. Eva doit assumer seule. Elle change alors six fois d’amants. Changer six fois d’amants ?! Finalement, Eva se trouve une maison dans un quartier précaire à trois mille francs seulement le mois. Mais elle ne pourra pas l’assumer.

Tout le monde la fuit, elle qui ne sait plus où donner de la tête. Lorsqu’elle se présente dans une structure spécialisée dans les affaires sociales, personne ne tend l’oreille pour entendre ce qu’elle raconte. Eva a désormais le visage bouffi et les yeux remplis de larmes. Elle lève les deux mains vers le ciel et lance :

« Mon Dieu qu’ai-je fais pour mériter un tel sort  » ?

« Moi fille-mère, je n’accepterai jamais qu’un tel sort me soit jeté ».

« Moi fille-mère, je veillerai à ce que mon corps soit mon corps et pas celui du premier venu ».

Cette leçon n’est pas la leçon à Eva seule. C’est je crois, la leçon de toutes les jeunes filles-mères de notre génération. Le cas d’Eva doit faire école.

Bonne fête à toutes les mères du monde particulièrement aux filles-mères qu’on oublie trop souvent.


Benguiste : 7 erreurs à éviter avant de quitter le pays

  1. Se croire benguiste avant même de fouler le sol européen

Pour rappel, est benguiste celui ou celle qui séjourne ou réside en Europe. Mais voilà, à peine la demande de visa déposée, que certains se voient en benguiste. Déjà ? Ils informeront toute la communauté nationale, voire internationale. Mais qui a dit que demande de visa était synonyme de son obtention ? Il suffit de demander aux anciens, ils vous confieront leurs témoignages ôh combien longs et palpitants. Certains vous diront « c’est la quatrième fois » ; d’autres « la dixième fois… ». Et patati et patata.

Il faut attendre la sortie du visa et après bonjour le statut de benguiste. Imagine un peu si jamais l’ambassade te refusait le visa. Ça sera une vraie et grosse honte comme un de mes amis qui en payé les frais une de ces années. C’est pourquoi en Afrique, quand on voyage, on demeure toujours discret jusqu’au jour J.

  1. Se substituer en Père Noël

L’ambassade t’a accordé le visa. Super, j’ai envie de dire bravo et félicitations ! Mais…eh oui, il y a un « mais ». Mais de grâce il ne faut pas s’improviser Père Noël. Depuis que tu as obtenu le précieux tampon de l’ambassade, tu offres des cadeaux en guise de « souvenirs » par-ci, par-là. Ton ordinateur, ton téléphone mobile, tes habits, tes chaussures…  Bref, tout y passe ou presque TOUT.

Qu’est-ce qu’un (e) future  benguiste comme toi ferait encore avec de vieux trucs ? Tu te dis sûrement TOUT ça, il y en a en Europe. Oui, mais ce n’est pas gratuit. En fait, c’est en euros.Ce n’est pas tout, certains organiseront une bonne « fiesta » pour sabler leur départ. Bon ce n’est pas un mal en soi. Loin de pousser quiconque à être moins généreux. Mais surtout, il y a d’autres réalités à affronter en Europe, il y a d’autres dépenses.

  1. Rassurer ou faire des promesses à tout le monde

Lorsque tu as ton visa, tu deviens l’espoir de la famille, de tout le monde. Peut-être, tu es le/la seul (e) ou l’un des rares membres de ta famille à fouler bientôt le sol européen. Mais s’il te plaît, ne prends pas tout de suite des responsabilités qui dépassent tes épaules. En d’autres termes, ne fais pas de promesses à tout bout de champ.

« Quand j’irai, je t’enverrai ceci ou cela ». « Quand j’irai, je reviendrai te chercher ». « Quand j’irai, je t’appellerai tous les jours ; je ne t’oublierai jamais ».

Benguiste : 7 erreurs à éviter avant de quitter le pays

D’ailleurs, on ne sait jamais. Tu n’es pas encore arrivé ici. Tu ne connais pas encore les réalités de l’Europe donc tais-toi. Lorsque tu réussiras une fois ici, alors ce sera une surprise, que dis-je une BELLE surprise pour les siens. Ceci pour éviter qu’on te prenne pour une personne qui parle trop sans actes.

  1. Emporter des affaires inutiles

C’est le souci majeur que vivent la plupart des benguistes dès le tout premier voyage. Que faut-il envoyer ? Que faut-il laisser au pays ? Des interrogations qui se baladent dans l’esprit des futurs benguistes. Pourtant, les agences de voyages sont rigoureuses là-dessus : 46 kg (23 X 2) autorisés pour les bagages. Il faudra donc bien cogiter, bien trier et ranger les affaires à emporter. Je me rappelle ma folie à ce sujet toujours pas facile pour un benguiste de retour de vacance.

Album photos, documents administratifs, médicaments traditionnels, mais de grâce, n’apportes pas des choses inutiles. Tu veux un exemple ? Ton grand drap qui t’a tenu compagnie pendant des lustres, des provisions alimentaires telles que la viande ou du poisson fumé… Bon Dieu merci, les mesures de sécurité contre Ebola restent encore en vigueur dans les aéroports.

  1. Oublier de changer son argent

A force d’informer la communauté internationale et nationale, de se substituer en Père Noël, de faire des promesses à droite et à gauche ou de réfléchir à ce qu’on doit apporter comme affaires. On oublie souvent l’essentiel même si cela passe inaperçu : changer son argent. Tu vas dans un autre pays différent du tien. Evidemment, la monnaie sera différente.

Benguiste : 7 erreurs à éviter avant de quitter le pays

De grâce, il est nécessaire d’aller changer  tes sous en euros ou en dollars, c’est selon. C’est là, que tu réaliseras que notre monnaie africaine ne représente pas grand-chose devant les autres monnaies. Quand tu donneras une liasse de billets et on te remettra une petite couche de billets. Bon voilà, tu es prévenu (e).

  1. Prévoir les imprévus

Après les cinq points précédents, un autre précieux conseil : garder un peu de sous pour les imprévus. Oui des sous pour le taxi, pour le bus, pour le métro, peut-être pour la caution, pour le loyer et bien d’autres. Si tu dois résider à Paris, Dieu merci pour le transport.

Mais si en débarquant à Roissy ou Orly tu dois te rendre en province. Alors là, prévois en plus du taxi, du bus ou du métro, l’argent de ton train ou du TGV. Et crois-moi, ce n’est pas moins de 30 euros, si tu as la chance. Tout dépendra de ta destination. Et de la période aussi. Si c’est en été ou en période de congés, je crois, la SNCF fera une recette de plus, grâce à toi.

  1. Ne pas écouter les conseils des anciens benguistes

Bon, si  après tous ces points, tous ces conseils, tout ce bavardage. Tu penses que ce n’est pas utile ou nécessaire de les observer, tu es libre comme un oiseau. Dans tous les cas, je sais que dans la vie, il faut écouter les autres surtout quand ils sont déjà passés sur le chemin que tu envisages d’emprunter. La balle est dans ton camp très cher (e) future benguiste . Bon voyage ! Pas besoin de me remercier, c’est la solidarité africaine.

 


Cinq solutions pour publier des images légales

Sur Internet, nous avons facilement accès à des millions d’images. Mais cet accès facile ne donne pas le droit de les reproduire comme bon nous semble. Comme sur tout support, les droits d’auteur s’appliquent aussi sur Internet. En tant blogueur (euse), nous avons parfois besoin de ces images pour illustrer nos articles ou billets. Cher (e)s Mondobloggeur, dans mes récentes recherches, j’ai découvert ces cinq solutions (peut-être certains les connaissent déjà) pour nous aider dans ce sens. Merci de les parcourir et les partager entre nous !

Publier des images en toute légalité
Publier des images en toute légalité. Ph: Image Gratuite: Libre De Droits … pixabay.com

1ère solution: Google image

Cliquez sur Google image, « recherche avancée« , activez le filtre « safe search » et choisissez dans « Droits d’utilisation » l’option « libre de droits d’utilisation, de distribution ou de modification« .

2e solution: sites gratuits et libres de droits

Avoir recours aux sites gratuits d’images libres (consulter quelques-uns en dessous). Ces sites proposent une banque de données d’images très large regroupées dans de nombreuses catégories. La seule condition est d’insérer un lien du site avec la photo « empruntée » pour indiquer la source.

  • https://unsplash.com/
  • https://morguefile.com/archive
  • https://www.stockvault.net/
  • https://www.freedigitalphotos.net/
  • https://www.everystockphoto.com/
  • https://www.pexels.com/
  • etc.

3e solution : FlickR et Wikimedia Commons, deux grandes médiathèques

Utiliser Wikimedia Commons et FkickR, ces deux médiathèques sont les principales en matière de données libres.

  • Wikimedia Commons :
    C’est une base de données multimédia qui centralise des médias libres (photographies, dessins, schémas, musiques, textes écrits et parlés, animations et vidéos). Ce site ne publie que des médias dans le domaine public ou sous licence libre. On peut gratuitement copier, réutiliser, modifier les fichiers disponibles sur Commons tant que les conditions de redistribution des copies ou des fichiers modifiés sont respectées.
  • FlickR :
    C’est un site web de partage de photos et de vidéos gratuites, avec certaines fonctionnalités payantes. En plus d’être un site web populaire auprès des utilisateurs pour partager leurs photos personnelles, il est aussi souvent utilisé par des photographes professionnels. Le site propose aux photographes la possibilité de licencier leurs photos avec un contrat.

4e solution : contactez l’auteur en personne

Contactez l’auteur de l’image. Ils sont généralement faciles à joindre et si vous êtes aimable et que vous expliquez le but de l’utilisation il n’y a pas de raisons pour qu’il refuse (tant que ce n’est pas à but commercial par exemple). Certes, cela prend plus de temps mais la tranquillité est garantie.

5e solution : transformez-vous en photographe, c’est avantageux

Vous voulez mettre la photo d’un élément courant de la vie sur votre site (un arbre par exemple). Sortez votre appareil photo numérique, et prenez des photos ! Un artiste ou un talent sommeille en chacun de nous et l’originalité des clichés fait souvent la différence.

Comme on sait tous qu’il y a, selon les pays, des risques à encourir dans l’utilisation des documents ( images, textes, sons…) protégés par les droits d’auteur; ça ne nous coûte rien de faire recourir à cinq solutions efficaces.

Bien à vous !

PS : inspiré librement de https://actu-vas-aimer-ca.over-blog.com/article-comment-utiliser-librement-des-images-trouvees-sur-internet-71733746.html

 

 

 


Confession : elle enviait ma peau noire

Un dimanche ensoleillé. Alors que je m’empressais pour la messe, je fus interpellé par une femme : une femme blanche. Elle me lança ceci : « Bonjour, excusez-moi est-ce que je peux toucher votre peau ? »

Je fus tellement surpris par cette question que j’ai hoché la tête sans m’apercevoir. « Me toucher la peau ? Mais pourquoi ? Bah, on verra bien », me suis-je dit intérieurement avant de lâcher ceci : « Bien sûr, allez-y ! ». Puis, je lui tendis ma main.

Elle me toucha légèrement, mais avec délicatesse et dextérité. Puis, elle déclara tout de go : « Wahou, j’adore votre peau. Elle est si belle et si douce surtout avec sa couleur, sa couleur noire. Je rêve d’avoir une peau noire pareille. Je fais des heures et heures sous le soleil, mais en vain. Je n’arrive pas avoir la même peau noire que vous. Vous avez vraiment de la chance, vous savez. Je vous envie… »

elle enviait ma peau noire
La peau noire, une belle richesse de l’Afrique. Crédit: Photo libre de droit pexels.com

Face à cette confession, je fus une fois de plus surpris mais, émerveillé. Vous avez entendu ? Une femme blanche me confie qu’elle adore ma peau noire ? Je venais de réaliser, chers frères et sœurs africains, que notre peau noire est une richesse que nous ignorons. Notre peau noire est magnifique et éclatante aux yeux du monde.

Pas besoin d’été ou de longues heures sous le soleil. Pas besoin d’une  quelconque méthode. Pas besoin d’effort. Alors pourquoi, recourir à des produits éclaircissants ? Pourquoi se dépigmenter la peau ? Pourquoi détruire notre si belle et douce peau ?

Bref, je vous laisse ce poème, petit, mais riche en sens. Qui je l’espère nous aidera toujours à sauvegarder notre richesse : la peau noire.

Mon histoire est l’histoire de l’Afrique. Mes origines j’en suis fière même quand certains me font croire que s’éclaircir m’irait plus bien. J’étais objet de certaines moqueries dans mon continent.

 

Mais je suis restée fière de ma peau sans jamais penser à l’éclaircir, mais plutôt à l’embellir. Ma couleur de peau fait de moi un être spécial et le Blanc s’incline de respect.

Noir comme la Bia (bassin côtier en Côte d’Ivoire) d’où je viens.

 

Noire comme la couleur qui caractérise mon peuple. Fière je le suis de la porter, de la vendre et de la faire envier en été quand certains se roulent au soleil pour en avoir rien qu’une partie. Vive l’Afrique dans son authenticité. Africain oui Noir & Fière.

 

 

 


CI:premier producteur de concours Miss ?

 

Miss CEDEAO, Miss Côte d’Ivoire, Miss District, Miss Awouabla, Miss Mathématique, Miss Popo Carnaval, Miss Star Tonnerre, Miss Campus, Miss Laurence Perriey, Miss Earth… Voici autant de concours qui s’offrent aujourd’hui aux belles filles ivoiriennes. Toutes, elles ne rêvent et ne jurent que par ces concours pour faire d’elle des vedettes.

CI : PREMIER PRODUCTEUR DE CONCOURS MISS ?
Le trio gagnant Miss CI 2013. Crédit: COMICI

Depuis l’école primaire, on nous a toujours enseigné que la Côte d’Ivoire était et demeure premier pays producteur de Cacao en Afrique voire dans le monde. Mais qu’en est-il pour l’organisation des concours de beauté ? Notre pays serait devenu aussi premier producteur de concours Miss ? Les filles ivoiriennes ont-elles remplacées le Cacao, produit très cher à l’économie du pays ?

Je n’ai rien ( absolument rien)  contre les organisateurs de ces concours de beauté dans notre beau pays. Mais il faut le dire très sincèrement. Il y a assez de concours Miss. Je dirai même trop de concours Miss par ci et par là. Pourquoi tous ces concours Miss ? Cela répond à quel(s) objectif(s) ?

– D’aucuns me diraient que c’est pour valoriser la culture ivoirienne ? De quelle promotion parlez-vous ? N’ya-t-il pas d’autres manières ou d’autres espaces ? Exemple tout simple. N’allons pas loin. Allez réhabiliter notre bibliothèque nationale au Plateau qui tombe en ruine. Ça c’est un geste  concret de promotion de la culture.

– D’autre m’expliqueront que c’est pour faire du social à travers ces belles filles et ambassadrices. N’allez pas me dire qu’il faut forcément passer par un concours pour faire du social. La Pouponnière d’Abobo, le Village SOS, la case blanche vous connaissez ? Eh bien, ce sont des centres bénévoles où l’on peut et doit s’y rendre directement pour faire des dons.

  • Quand je vois des budgets colossaux alloués pour l’organisation de ces concours Miss, je reste muet.
  • Quand je regarde une fille de terminale A (littéraire) qui sait à peine s’exprimer devant un public et qu’on lui offre après une voiture toute neuve d’une  vingtaine de millions, j’ai les larmes aux yeux.
  • Quand je pense qu’il suffit simplement de défiler et montrer ces jambes et ses belles fesses pour repartir avec de gros chèques, j’ai des céphalées. Oh quelle générosité ! Notre pays est vraiment merveilleux ! C’est pourquoi, je l’adore

https://www.youtube.com/watch?v=58VEvPR5a-M

Si vous tenez absolument à faire de la Côte d’Ivoire le premier producteur de concours Miss, il faut rehausser le niveau des compétitions. Il faut mettre l’accent sur l’intelligence et la beauté même de ces filles. Qu’elles soient cultivées et soient à même de s’exprimer sans spectacles ou rigolades. Qu’elles nous épargnent aussi leurs hauts talons qui risqueraient de les renverser devant toute la nation.

De grâce, qu’on ne vienne plus nous parler encore et toujours de ces droits de cuissage dit « d’abusage » ou de « je ne sais quoi encore », qui parait-il, existe au sein de ces concours Miss.On n’en a vraiment pas besoin.

CI :premier producteur de concours Miss ? Oui cela peut être possible si et seulement si l’on épouse RÉELLEMENT et si l’on applique ce slogan « Miss Côte d’Ivoire: la recherche de l’excellence ».

Rendez-vous le 06 juin prochain pour voir ce que nous réserve encore de la finale Miss CI 2015 ! Mais en attendant, les présélections continuent de battre leur plein dans toute les régions du pays pour le plaisir des jeunes filles.